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Sur leurs peaux de mer et de pierre

Sur leurs peaux de mer et de pierre Sur leurs peaux de mer et de pierre, Fucus serratus, 2025, empreinte d’algues sur papier coton, H: 76 x 111 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025. Sur leurs peaux de mer et de pierre, Laminaria digitata, 2025, empreinte d’algue sur papier coton, H: 76 x 70 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025. Sur leurs peaux de mer et de pierre, Laminaria hyperborea, 2025, empreinte d’algue sur papier coton, H: 76 x 100 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025. Sur leurs peaux de mer et de pierre, vues d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025.

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Je momifie, tu momifies, il …

Je momifie, tu momifies, il … Je momifie, tu momifies, il… , janvier 2015, anciens vêtements, 166,5 x 35 x 23 cm. Précédent Suivant Basse couture Basse couture, 2015, fragments de vieux tissus, boutons, cintre, Taille S. Les chausettes À Vif, Et si Achille , Chausettes Paon À vif, 2015, chaussette, perles rocaille, 69 x 40 x 11 cm. Et si Achille…, 2015, chaussette, aluminium, épingles, 58 x 40 x 11 cm. Voir le catalogue d’exposition       Catalogue Résistance (s) Tsama do Paço – Le monde en héritage Ce qui saisit avant toute chose dans la démarche artistique de Tsama do Paço, c’est la dimension poétique de ses œuvres en dépit d’une apparente économie de moyens. L’artiste travaille le fil, la terre, le verre, le papier, les perles, des matériaux du quotidien qui ont souvent déjà eu une première vie et en sont imprégnés physiquement ou symboliquement. Elle les associe, les transforme, crée de nouvelles formes afin d’obtenir des œuvres polysémiques empreintes parfois de réappropriations identitaires. La profondeur de l’œuvre de Tsama do Paço réside dans sa capacité à s’affranchir des normes et à réinventer le monde qui nous entoure. Son travail ne cesse de bouleverser les conventions du sensible et questionne le consumérisme dysfonctionnel qui règne dans les sociétés occidentales. Son univers est rempli d’objets et d’éléments divers qui résonnent entre eux, se répondent ou se télescopent. Elle parvient à nous interpeller en recristallisant des formes ou des objets préexistants. Pour cela, elle saisit, collecte ou transcrit des gestes, des affects, des savoirs, des mémoires, c’est-à-dire les éléments constitutifs d’un rapport au monde. Les contours de son travail sont flous et s’apparentent parfois à une forme de recyclage, d’autres fois à des recherches scientifiques ou encore sociologiques. Le tout s’inscrivant dans une esthétique de la faiblesse qui remet en cause la définition même de ce concept. Ce parti pris artistique propose un nouveau rapport au jugement, à la hiérarchie établie et invite notamment à reconsidérer l’opposition traditionnelle entre faible et fort. En effet, la faiblesse est habituellement ce qui manque de vigueur, de force; quelque chose de fragile ou qui présente une imperfection, une tare, une défaillance1. Tsama do Paço prend le contrepied de cette définition. Ses œuvres invitent à la contemplation de l’imperfection, et la faiblesse ou la maladresse deviennent des revendications face à la hiérarchisation. L’artiste considère que l’obstination des gestes faibles peut tendre vers le sublime. Il s’agit surtout pour elle d’une esthétique par défaut qui résulte de la rencontre entre divers matériaux. Elle s’accompagne d’une forte dimension poétique puisque Tsama do Paço perçoit la beauté dans les brèches et pense que « la mollesse, les aspérités, l’informe, le mal fait, l’exubérance des couleurs et des matières enrichissent le visible poli par la standardisation et la compétitivité ». Son langage plastique modeste est pourtant d’une grande sensibilité. Ses œuvres oscillent entre histoire personnelle et histoire universelle. Cela se révèle par exemple dans sa série Dessins de plis, réalisée en carbone sur papier de riz, qui revisite la notion de palimpseste. En effet, sur l’origami formé avec le papier, l’artiste dispose une image d’actualité qu’elle hachure, redéfinissant ainsi cette image issue de la mémoire collective. Le moment du dessin est pour elle un temps de silence, un temps de prière. Une fois déplié, l’origami laisse apparaître les plis et tracés qui le composaient, formant alors une cartographie d’un état du monde. Attrape Nuages, quant à elle, est une œuvre hybride ; à mi-chemin entre le dessin et l’installation. Réalisée à partir de scotch et de pigments disposés sur une fenêtre, elle joue sur la décomposition, l’abstraction et la transparence rendant ainsi les motifs difficilement perceptibles. Dans sa grammaire plastique, l’artiste ne se cantonne pas à une seule pratique, elle expérimente et laisse l’intuition régir l’action afin d’aborder la question de la légitimité et de faire contrepoids à cette société « virtuellement enchantée » dans laquelle nous évoluons. À la croisée des fils, des vêtements usés, des cartes et des différents types de terres, l’artiste réinvente sa vie et réalise des œuvres à sa mesure, avec une autonomie de gestes, les laissant déborder, perturber, rompre, réagir, interroger l’existant et le rendre à nouveau sensible. Selon elle, la réparation ou sublimation d’un objet usé par le biais de geste et de savoir-faire intuitifs ou maladroits « produit des objets magiques faisant intrusion dans le réel pour en bousculer les dogmes et transformer les comportements ». L’installation rassemblant Et si Achille et À vif, en est sans doute l’exemple le plus prégnant. Composée de chaussettes usagées, sublimées par l’artiste et suspendues à un cintre, cette œuvre est surprenante à bien des égards. En effet, le trou de la chaussette est laissé là, béant, tandis que le reste de cet objet, qui fut jadis un utilitaire, est recouvert d’aluminium ou de perles de rocaille. La chaussette sort alors de la banalité de la vie pour devenir matière à œuvre. Magnifiée et perdant son usage premier, la chaussette devient à la fois le support et le sujet de la réflexion. Dans sa pratique, l’art apparaît comme une mise en place d’un dispositif d’existence et l’on perçoit en filigrane la volonté de s’ouvrir au monde, de penser un nouvel « art de vivre » à l’instar des « Principes d’Économie Poétique » que préconisait le plasticien et théoricien Robert Filliou en opposition aux valeurs capitalistes : « À présent, écrit-il, il devient nécessaire d’incorporer la leçon de l’art en tant que liberté de l’esprit dans la vie quotidienne de chacun, afin que celle-ci devienne un art de vivre »2. Les principes d’équivalence et de création permanente sont également présents. En effet, le travail de Tsama do Paço échappe à la spécialisation. La perméabilité et la maladresse inhérentes à certaines œuvres interrogent notre jugement et reviennent sur la notion d’acceptation. À l’encontre du monde véloce dans lequel nous vivons, Tsama do Paço veut prendre - voire parfois perdre - le temps et essayer, tâtonner, laisser faire. Ses œuvres résistent et s’érigent face à cette société basée sur la vitesse et

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