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HOLOBIONTES

HOLOBIONTES Holobiontes, ensemencer la lisière, année 1 à 2, 2025, plantes sur tissu, H: 290 x 300 cm, percale, Chapelle des Ursulines, Lannion, ©Agence lalanterne.bzh, ©Adagp, Paris, 2025. Holobiontes, novembre 2022 en Trégor, coton mordancé et engallé, plantes herbacées, 1 m x 2,60 m. HOLOBIONTES ET PHYTOGÉOGRAPHIES Holobiontes est le déroulé d’un paysage suspendu. Le titre empreinte ce terme à Donna Haraway. Il désigne les êtres composites, les complexes, un ensemble d’êtres vivants en symbiose, de vivants entremêlés. Le paysage empreinté est composé de l’empreinte de la strate herbacée, couleur, forme et textures sont incrustées dans le tissu. Les plantes locales, les végétaux d’un lieu-milieu sont prélevés in situ lors d’arpentages. Ce sont des cartes, situées spatialement et temporellement, localisées et saisonnières, des phytogéographies. Il s’y concentre, tout en s’y succédant les différentes biocénoses végétales rencontrées lors de marches localement. Cette couche, qui se trouve très proche du sol, est souvent aperçue comme un aplat vert de diverses densités et ponctué parfois de tâches colorées florales… Au niveau du regard la strate se dévoile et étale de façon panoramique ses diverses espèces végétales tout en en déployant la richesse de formes et de couleurs. Explorer le végétal est un voyage. Un végétal est presque un autre univers, tout y existe d’une autre façon. Dans cette oeuvre et plus généralement dans mon travail, l’homme et son lien au vivant est exploré par le biais d’une expérience haptique. Le toucher est la source d’une connaissance-connivence par laquelle se découvrent et s’inventent de multiples relations. Le sens du toucher réduit la distance et étoffe les relations possibles. Déployé pour cultiver notre sensibilité aux végétaux, il révèle leur dimension systémique. Ainsi, l’inventaire réalisé par le recueil de formes in situ n’isole pas chaque plante comme dans les herbiers, mais compose avec toutes les autres une frise complexe, un paysage, sorte d’inventaire écosystémique. Un jeu de symétrie binaire conserve les deux faces de chaque élément de la plante, perturbe les repères de ce nouvel étagement de la végétation et emporte les plantes dans des jeux de métamorphoses.L’empreinte véhicule ainsi des notions intéressantes. Elle peut être le support d’une pensée et d’une sensibilité renouvelée. Chaque invention et déploiement de l’empreinte invite au renouvellement de nos modes de relations avec la pluralité des existences qui font monde avec nous. L’empreinte est une survivance technique. À la fois archaïque, rudimentaire et constamment réinventée, elle offre des expériences de la relation intuitive entre geste et matière. Toujours expérience de la relation entre divers éléments, ou encore synergie entre de multiples facteurs physico-chimiques, cette technique permet une expérience matérielle ouverte laissant place au surgissement. Ici l’empreinte cherche à recueillir des présences. Elle constitue avec l’ensemble des processus mis en oeuvre ( marche, récolte, déploiement spatial… ) un dispositif de captage adhérant au réel afin de brancher la représentation au vital. L’oeuvre évoque un monde qui ne se résume pas, mais se déploie, se détaille, à l’aide d’un regard incorporant la tactilité des choses. Recherches    Exemple de paysage « empreinté » en mai 2021 dans les Cévennes.    Tissu de coton mordancé à l’alun, 60 cm x 3 m. HOLOBIONTES – Ensemencer la lisière- Année 0 à 1    Holobiontes, Ensemencer la lisière – Année 0 à 1, travail en cours photographié dans l’atelier, 2023, coton mordancé, plantes, 1,30 m x 2 m, © Adagp, Paris, 2024.

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Dessins de plis

Dessins de plis Paon de Paris /13 novembre 2015, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 149 x 149 cm. Précédent Suivant Vase pour le Tsunami, 2013, carbone sur papier mûrier coréen, 65 x 65 cm. Libellule des migrants, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 65 x 65 cm. Papillon Iceberg I, 2014, carbone sur papier mûrier coréen, 65 x 65 cm. Rhinocéros Girafe en extinction, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 75 x 75 cm. Kusudama à la Mer d’Aral, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 75 x 75 cm. Papillon Iceberg II, 2014, carbonne sur papier coréen, 75 x 75 cm. Cigale à Maidan, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 75 x 75 cm. Vitraux Pauvres Libellule Iceberg, Vallée Hooker/Iceberg A, 2017, couverture de survie, 140 x 140 cm. Barques à Vintimille, 2015, couverture de survie, 140 x 140 cm. Les dessins de plis ouvrent dans la feuille différents espaces. Au-delà de la surface se trouvent des couches cachées. Une feuille d’origami s’est faite réceptacle de mémoire, par un long processus d’écriture, de gravure, par la hachure d’images de notre monde. Les plis du papier dispersent l’image, la fragmentent, rendant certains détails plus visibles que d’autres, traçant une carte de mémoire. Les traits travaillent dans la matière de l’image, tentant de lui (re)-donner une physicalité et par là même dépècent la figure. Cette patiente et obstinée dissection crée de nouveaux motifs, absorbants dans l’ornement la Guerre des images. Cette cartographie d’un état du monde dépend à la fois de l’origami choisi et de l’événement concerné, deux indications données par le titre du dessin mêlant en une synthèse-chimère le type de pliage et le sujet de l’image utilisés. Les associations symboliques constituent une sorte de prière, une espérance, proposition pour répondre à l’empathie déclenchée par l’information, tout en disant un peu plus.

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Totems au Temps

Totems au temps Totems au temps, 2009, toile de lin, dimensions variables, exposition personnelle en galerie gauche des Beaux-Arts de Paris pour le diplôme de troisième année. Précédent Suivant Prédicat des Totems au temps Prédicat des Totems au temps, 2009, huile en barre sur papier, 10 x 2 m, exposé au Manoir de Soisay, Normandie. Les colonnes verticales, disposées dans l’horizontalité de l’espace veulent l’englober et contenir son vide. De longues heures à plier, contre l’angoisse jusqu’à atteindre une tranquillité. Retrouver la longueur du temps, s’arrêter, recommencer, encore, encore, encore, encore, encore, encore, même si le geste change. Le geste qui transcende par sa constante exigence d’éveil des sens, par sa répétition glissante, est mon moyen de cheminer vers un état d’inconscience éveillée, sensible aux souffles de l’univers. S’effacer pour devenir force du cosmos. Ne plus être que les mains du faire, organe sensoriel du temps, Et enregistrer le temps biologique dont l’écoulement devient forme. De la vitesse humaine dans l’espace devient espace. Qu’à chaque parcelle de matière travaillée corresponde une histoire, une expérience physique et spirituelle. Ce sont mes totems au temps, Ce sont mes trophées sur mon angoisse. Trophées du temps de la terre, elles aspirent à devenir végétales, minérales, animales.

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