Nom de l’auteur/autrice :Arpenteuse Tactile

Sur leurs peaux de mer et de pierre

Sur leurs peaux de mer et de pierre Sur leurs peaux de mer et de pierre, Fucus serratus, 2025, empreinte d’algues sur papier coton, H: 76 x 111 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025. Sur leurs peaux de mer et de pierre, Laminaria digitata, 2025, empreinte d’algue sur papier coton, H: 76 x 70 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025. Sur leurs peaux de mer et de pierre, Laminaria hyperborea, 2025, empreinte d’algue sur papier coton, H: 76 x 100 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025. Sur leurs peaux de mer et de pierre, vues d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025.

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Pendant le temps même de nos existences

Pendant le temps même de nos existences Pendant le temps même de nos existences, empreintes sur argile au noir de fumée, cire d’abeille, branche, 2024, installation de dimensions variables en relation avec Le voile d’Isis dans la Chapelle des Ursulines, Lannion, photo. Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025.

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Dans leurs cieux

Dans leurs cieux Dans leurs cieux, Plantago lanceolata,automne 2024, empreinte végétale sur papier coton, H: 120 x 261 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025. Dans leurs cieux, Rumex acetosa,automne 2024, empreinte végétale sur papier coton,   H: 120 x 254,8 cm, vue d’exposition, Chapelle des Ursulines, Lannion, 2025, photographies Agence lalanterne.bzh, © ADAGP, Paris, 2025.

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Si le temps l’emporte sur l’espace – Résidence ARTU

Si le temps l’emporte sur l’espace – En friches Arrivée        Premiers jours de résidence, il neige à Lille et les rudérales modèlent la couche blanche. Précédent Suivant Le travail de Tsama do Paço part à la découverte du monde dont nous héritons, afin de cultiver des alliances avec lesquelles composter d’autres possibles, écrire d’autres mythes, réinventer des cosmogonies et transformer les représentations. Artiste et herboriste, arpenteuse tactile, marcheuse, cueilleuse, elle sème et récolte des histoires et des présences. C’est par le contact avec les végétaux, le sens du toucher prolongé par l’empreinte et la recherche d’autres façons de penser et représenter le paysage qu’elle propose de s’inscrire dans le sillage d’une tendance actuelle qui cherche à reprendre collectivement contact avec le monde, à comprendre l’exigence de réciprocité de l’homme envers les autres existants de la planète. Sa recherche consiste en une expérience de co-habitation avec les végétaux et l’invention de techniques d’empreintes végétales traduisant et partageant par la production d’oeuvres les enseignements d’un tel tissage. Par l’expérience de l’immersion et des échanges réciproques, elle cherche à reconnaître ce vivant végétal, et à donner à ressentir les liens que nous entretenons plus ou moins consciemment: comme la respiration est liée à la photosynthèse, la consommation d’un fruit est liée à la reproduction d’un arbre ou d’une baie, ou encore le parfum, le pouvoir médicinal de certaines plantes peut être mis en relation avec l’utilisation par les plantes des composés chimiques pour se défendre, communiquer… Par des jeux d’échelles, de lumières, de formes, de textures et de matières, les plantes se révèlent comme paysage. Il s’agit de nommer le paysage par ce qui le constitue, ce qui vient du monde, sans s’en extraire ni l’abstraire. Les caractéristiques de l’empreinte en font une investigation poétique du mystère du réel, support d’une pensée et d’une sensibilité renouvelée. En tant que zone délaissée, les zones de Tiers paysage échappent aux entreprises humaines de gestion et en cela s’ensauvagent. Pour l’artiste elles évoquent un autre paysage, une chimère entremêlant le domestique et le sauvage, en un « complexe-paysage » vivant, en devenir, l’oeuvre elle-même, non « finissable », car mouvante, en métamorphose et réinvention permanente, source-s d’oeuvres-traces, d’empreintes, d’images-instants. Les gestes artistiques de Tsama sont ceux d’un monde qui à changé, fait de vivants et non d’objets, dans lequel les sols et la zone critique des vivants nous permettent de penser notre manière d’habiter « avec », notamment les marges, les chutes produites par toute anthropisation. En ensemençant les lisières, son art nous rendra sensible à la beauté des paillis, aux laitues et navets montés en graines, aux compostages, aux plantes sauvages, adventices, messicoles, commensales et de friches, herbes folles et mauvaises, aux communautés-cortèges de plantes, aux histoires qu’elles racontent en tant que bio-indicatrice de l’état du sol, de leur chronologie de succession de pionnière à la forêt. Entremêlant les plantes sauvages à d’autres plus ou moins cultivées ou re-introduites, présentées comme mellifères, aromatiques, médicinales, comestibles, tinctoriales… Tsama do Paço invite à voir, à sentir, à gouter, à entendre, à toucher les plantes, présentent sous d’innombrables formes dans toutes les activités humaines. Herbier de friche        Singulariser dans le vert. Travail en cours, les données botaniques seront peu à peu élargies par d’autres approches, d’autres savoirs….  Les nombreuses images utilisées proviennent surtout de recherches sur le net (BNF,  INPN, Tela-Botanica, flore-en-ligne … ). Je remercie notamment Pierre Goujon pour les images qu’il prête généreusement pour la réalisation des affiches liées.   Précédent Suivant Chelidonium majus Hypericum perforatum Cirsium vulgare Tussilago farfara Arctium lappa Plantago lanceolata Dipsacus fullonum Filipendula ulmaria Taraxacum officinale Achillea millefolium Précédent Suivant A taste of the Landscape Un goût du paysage / Repas et atelier de transformation de plantes comestibles en encre et peinture. « Alchimistes, chercheurs, sorcières et magiciennes, vous êtes invités par la Maison Internationale et la Direction Culture à l’événement :A Taste of the Landscape, le vendredi 26 janvier de 12h à 16h Carotte, noix, betterave ? Quelle est la forme de leur fleur, feuille ou graine ? Quelles sont leurs couleurs ? L’artiste Tsama do Paço ( @arpenteusetactile ) en résidence ARTU à l’Université de Lille, vous invite a partager un repas gourmand et coloré. Venez découvrir les couleurs cachées dans les plantes comestibles. Après l’expérience de leur goût, vous pourrez extraire les couleurs des légumes, fruits, épices et quelques surprises. «  A taste of the Landscape Précédent Suivant Précédent Suivant Exposition dans la BU de la Faculté de Droit pendant le mois de février… En lien avec une magnifique bibliographie… Finissage lors d’une projection de The Rights of Nature, A Global Movement, de Issac Goeckeritz le 14 février à 17 heure. Précédent Suivant Premier jour du Workshop à la Faculté Art Plastique… On découvre comment faire ses propres couleurs… avec des plantes … Mi-temps       Si le temps l’emporte sur l’espace, parlement pour les friches, premier temps Si le temps l’emporte sur l’espace naît au contact de l’Université, territoire où se déploie et se questionne le Tiers paysage, à même les friches, bordures, marges, espaces verts…. Territoire fragmenté de pratiques d’approches et de compréhensions du monde multiples: sciences naturelles, botanistes ou pédologues, juristes, philosophes, paysagistes, artistes… En friche, il s’y trouve des savoirs et des compétences d’attention, des acteurs et des agissants en devenir, autant de possibilités d’élargir nos points de vue, d’inventer des chemins pour raviver nos relations avec d’autres vivants. Est énoncée une invitation à la communauté universitaire à tisser les fils du paysage, à porter attention, à construire des cabanes, à jardiner des possibles, à raconter d’autres histoires, de terres troubles et de relations en devenir, d’interdépendances, à infléchir la pratique et l’action afin de revitaliser nos relations à l’altérité des corps vivants. Depuis la friche et grâce à elle, apprendre à voir les signes et les présences, dans les singularités du vert. Depuis le corps des plantes qui y engendrent par leurs êtres des mondes habitables. Depuis ce que le végétal fait dans le temps sur le technosol, dans l’épaisseur des ruines.Depuis ce rien, apprendre à voir,

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CODEX

CODEX CODEX, Artemisia princeps, été 2024, empreinte végétale sur papier coton, H: 205 x 113 cm,©Agence lalanterne.bzh, © Adagp, Paris, 2024, Urtica dioica, été 2024, empreinte végétale sur papier coton, H: 233,5 x 120 cm, ©Agence lalanterne.bzh, © Adagp, Paris, 2024, Filipendula ulmaria, été 2024, empreinte végétale sur papier coton, H 235,4 x 120 cm, ©Agence lalanterne.bzh, © Adagp, Paris, 2024, Heracleum spondylium, automne 2024, empreinte végétale sur papier coton, 93,7 x 118 cm, ©Agence lalanterne.bzh, © Adagp, Paris, 2024.   Précédent Suivant Précédent Suivant CODEX, depuis 2020, encre grasse sur papier,  51 x 72 cm, © Adagp, Paris, 2024. Précédent Suivant CODEX- herbier sans fin La série constitue une collection d’empreintes végétales. Elle est renouvelée et complétée continuellement par les plantes de nouvelles espèces mais loin d’être un inventaire par espèce végétale, elle s’enrichit des traces laissées par les plantes d’une même espèce, tel des individus dont on ferait le portrait. Comme les lettres d’un alphabet, chaque empreinte peut être connectée à d’autres en de multiples arrangements. CODEX est un herbier sans fin, qui recueille des présences et les déploie en de nouveaux paysages.

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HOLOBIONTES

HOLOBIONTES Holobiontes, ensemencer la lisière, année 1 à 2, 2025, plantes sur tissu, H: 290 x 300 cm, percale, Chapelle des Ursulines, Lannion, ©Agence lalanterne.bzh, ©Adagp, Paris, 2025. Holobiontes, novembre 2022 en Trégor, coton mordancé et engallé, plantes herbacées, 1 m x 2,60 m. HOLOBIONTES ET PHYTOGÉOGRAPHIES Holobiontes est le déroulé d’un paysage suspendu. Le titre empreinte ce terme à Donna Haraway. Il désigne les êtres composites, les complexes, un ensemble d’êtres vivants en symbiose, de vivants entremêlés. Le paysage empreinté est composé de l’empreinte de la strate herbacée, couleur, forme et textures sont incrustées dans le tissu. Les plantes locales, les végétaux d’un lieu-milieu sont prélevés in situ lors d’arpentages. Ce sont des cartes, situées spatialement et temporellement, localisées et saisonnières, des phytogéographies. Il s’y concentre, tout en s’y succédant les différentes biocénoses végétales rencontrées lors de marches localement. Cette couche, qui se trouve très proche du sol, est souvent aperçue comme un aplat vert de diverses densités et ponctué parfois de tâches colorées florales… Au niveau du regard la strate se dévoile et étale de façon panoramique ses diverses espèces végétales tout en en déployant la richesse de formes et de couleurs. Explorer le végétal est un voyage. Un végétal est presque un autre univers, tout y existe d’une autre façon. Dans cette oeuvre et plus généralement dans mon travail, l’homme et son lien au vivant est exploré par le biais d’une expérience haptique. Le toucher est la source d’une connaissance-connivence par laquelle se découvrent et s’inventent de multiples relations. Le sens du toucher réduit la distance et étoffe les relations possibles. Déployé pour cultiver notre sensibilité aux végétaux, il révèle leur dimension systémique. Ainsi, l’inventaire réalisé par le recueil de formes in situ n’isole pas chaque plante comme dans les herbiers, mais compose avec toutes les autres une frise complexe, un paysage, sorte d’inventaire écosystémique. Un jeu de symétrie binaire conserve les deux faces de chaque élément de la plante, perturbe les repères de ce nouvel étagement de la végétation et emporte les plantes dans des jeux de métamorphoses.L’empreinte véhicule ainsi des notions intéressantes. Elle peut être le support d’une pensée et d’une sensibilité renouvelée. Chaque invention et déploiement de l’empreinte invite au renouvellement de nos modes de relations avec la pluralité des existences qui font monde avec nous. L’empreinte est une survivance technique. À la fois archaïque, rudimentaire et constamment réinventée, elle offre des expériences de la relation intuitive entre geste et matière. Toujours expérience de la relation entre divers éléments, ou encore synergie entre de multiples facteurs physico-chimiques, cette technique permet une expérience matérielle ouverte laissant place au surgissement. Ici l’empreinte cherche à recueillir des présences. Elle constitue avec l’ensemble des processus mis en oeuvre ( marche, récolte, déploiement spatial… ) un dispositif de captage adhérant au réel afin de brancher la représentation au vital. L’oeuvre évoque un monde qui ne se résume pas, mais se déploie, se détaille, à l’aide d’un regard incorporant la tactilité des choses. Recherches    Exemple de paysage « empreinté » en mai 2021 dans les Cévennes.    Tissu de coton mordancé à l’alun, 60 cm x 3 m. HOLOBIONTES – Ensemencer la lisière- Année 0 à 1    Holobiontes, Ensemencer la lisière – Année 0 à 1, travail en cours photographié dans l’atelier, 2023, coton mordancé, plantes, 1,30 m x 2 m, © Adagp, Paris, 2024.

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Me Tangere, versus Ginkgo biloba

Me Tangere, versus Ginkgo biloba Me Tangere / KAB, colle de peau, fils, aimants, 2022, installation pour la serre du square des Batignolles, Paris. Précédent Suivant Qu’est-ce qu’une feuille?                                                                                                      La feuille est un être de surface. Elle s’étend le plus possible en contact avec le monde. La manière de m’approcher de ce qu’est une feuille est l’empreinte. Le toucher, la tentative d’entrer en contact avec la surface pour recueillir un détail du monde, engendre d’autres feuilles, des sortes de mues, des peaux de feuille. L’hybridité de ces exhuvies et des jeux d’analogies permis par la forme de la feuille de Ginkgobiloba, amènent à leur organisation en nuées. Dans la serre, la lumière naturelle offre des variations journalières. Elle fait apparaître les empreintes de « Me Tangere », nous permet de les saisir selon nos déplacements et les nuances d’intensités lumineuses. Or, une feuille est un traducteur solaire, elle transforme l’énergie solaire en matière vivante. Directement connectée à l’étoile, elle s’y expose.                                                                                 La feuille offre aussi par son temps particulier un autre rapport à l’objet. Le temps de la feuille met en échec nos impatiences. Fragile, l’installation risque l’éphémère et le renouvellement. Cette tentative de conservation, sorte de fossile dit la beauté du temps, la fluidité du monde et le changement permanent. Durer est éphémère. Alors, comment fait-on trace de quelque chose qui se poursuit, qui se transforme? Précédent Suivant Précédent Suivant Dessins de projet Pour la serre du square des Batignolles, 75015 Paris. Résidence de recherche à Budapest Les images suivantes sont des instantanés de la recherche en cours, images prises dans un atelier temporaire lors d’une résidence à Budapest grâce à la direction des affaires culturelles de Paris, l’institut français de Budapest et la Budapest Gallery. Pendant cette résidence, je suis partie en voyage, j’ai pris le temps d’être aventureuse, au sens de « aimer la surprise du monde auquel l’on se frotte ». J’ai réellement pu consentir à un temps qui passionne l’existence, au surgissement. J’attends de voir ce qui surgit et pour cela j’ai besoin de me mettre à disposition. Un de mes premiers outils faisant office d’inclusion mais aussi d’acte esthétique, est la marche. Les rapports au temps, à l’espace, aux rythmes qu’elle engendre me conviennent. J’aime commencer à oeuvrer par cette disponibilité à l’imprévisible. Guetter, laisser surgir. L’atelier est l’espace de rencontre, où les choses se développent en croissance, parallèlement, parfois s’entremêlent, où les amplifications des interactions entre intentions et imprévisibilités permettent d’inventer. Trouée d’incertitudes, la recherche se risque à l’échec pour l’amour du surgissement. En automne, à Budapest, dans une ville à demi-close, ce qui a surgit c’est l’automne et la couleur des feuilles. Qu’est-ce qu’une feuille? La manière de m’approcher de ce qu’est une feuille est l’empreinte. La feuille est un être de surface. Ces feuilles là sont faites par le toucher, la tentative d’entrer en contact avec la surface pour recueillir un détail du monde. Elles sont des sortes de mues, des peaux de feuilles car je trempe dans un liquide, dépose et détache l’empreinte, grâce au liquide et au vide. Elles sont faites avec de la colle de peau de lapin, qui est un matériau animal. Il y a une hybridité dans cette peau de feuille: une matière animale et une texture végétale. Cela nous parle de la fluidité du monde. Elles sont comme des exhuvies que laissent une métamorphose, une renaissance. C’est ce que j’ai voulu poursuivre avec les feuilles de Ginkgobiloba. Leur ressemblance avec des insectes, des papillons, m’a donné l’envie d’aller vers une sorte de nuée. J’aime aussi que cette colle, utilisée depuis longtemps  sous la couche de représentation, aille au contact des surfaces, saisisse par sa matière un détail du monde et tente de nous le présenter, de nous offrir cette présence. Je procède beaucoup comme cela par rebonds, par tissage, car je partage cette intuition que chaque chose peut être comprise dans son lien avec les autres. Mes recherches sont menées parallèlement, elles coexistent. Ce sont des îlots, des sortes de fragments pleins dans un ensemble liquide, où l’inachèvement est dans l’attente d’une mutation, où l’espace est ouvert, mobile, ce qui correspondrait à un espace nomade. Je cultive l’hétérogénéité, la dispersion. Il y a aussi beaucoup de désordre, cet ordre qui surprend, lors de l’accueil de la pluralité. En conséquence, j’intègre la décomposition dans ma recherche. C’est aussi pour cela que mes installations restent fragiles. Je ne veux pas sacrifier ce que peut offrir l’éphémère. Sa valorisation, par cette empreinte, tentative de conservation, sorte de fossile dit la beauté du temps, la fluidité du monde et le changement permanent. Qu’est ce qui surgit quand on regarde, contemple une feuille? Je vois apparaitre des constellations, des paysages dans les feuilles. Parallèlement, je trouve que mes parcours sont des écritures. La marche est aussi à la fois lecture et écriture de l’espace. Or les lignes que nous traçons entre les étoiles sont une forme d’écriture. C’est très culturel. Cela m’a amenée à l’idée du ciel, des étoiles. Les constellations sont aussi visibles dans ces parcours qui deviennent des motifs. Les marches, permettant de découvrir un espace et de me rendre disponible aux surgissements, inventent une relation au ciel. Or une feuille est un traducteur, un transformateur solaire, elle transforme l’énergie solaire en matière vivante. La feuille est cet être de surface qui étend le plus possible son contact au monde. Elle est directement connectée à l’étoile, elle s’y expose. Dans l’installation cette relation de la feuille à la lumière est mis en jeu. C’est la lumière qui fait apparaitre les feuilles, qui nous permet de les saisir selon nos déplacements. L’installation est sensible à l’environnement, à notre présence. L’ensemble est sensible autant aux mouvements d’air que nous créons. Elles sont balancées par le souffle, le souffle parfois lié à la respiration. La feuille, siège de la respiration, nous apprend le mélange, produisant l’air que nous respirons. L’atmosphère qu’elle produit nous permet de nous mélanger à la feuille et à des milliers d’années de feuilles. J’aime ces connexions.

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Feuilles univers

Feuilles Univers Feuille Univers, astres des jours, série, 2021 – 2023, cyanotype, 30 x 36 cm, Chapelle des Ursulines, Lannion, ©Agence lalanterne.bzh, ©Adagp, Paris, 2025 Feuille Univers, Populus, 2021, cyanotype, série de plusieurs formats de 30 x 36 cm.  Feuille Univers / Prunus Feuille Univers, Prunus, 2021, cyanotype, série de plusieurs formats de 30 x 36 cm. Feuille Univers / Carpinus Feuille Univers, Carpinus, 2021, cyanotype, série de plusieurs formats de 30 x 36 cm. Projets Qu’est-ce qui surgit quand on contemple une feuille?Dans la feuille, des ciels étoilés apparaissent. Parfois stellaire, parfois lunaire, elle joue avec l’imagerie astronomique. Parmi les techniques pour faire empreinte, le cyanotype produit une image permettant le jeu d’échelle et le flou nécessaire. Le cyanotype, technique de photographie alternative, fait apparaitre une image bleu de Prusse, dont on peut varier les densités, lors de la réaction d’une solution photosensible de sels ferriques aux rayons UV solaires. L’image de ces feuilles constellées, de ces Feuilles Univers est, comme la photosynthèse, une histoire de lumière, un instantané de la captation lumineuse qui fixe dans le temps une empreinte de lumière. Or une feuille est un traducteur solaire, elle transforme l’énergie solaire en matière vivante.                                         Directement connectée à l’étoile, elle s’y expose. La photographie et le procédé du cyanotype réalisent des empreintes de lumière. J’arpente ces feuilles territoires, je cartographie chaque feuille, en jouant sur les échelles et l’imagerie de l’astronomie. L’échelle agrandie, les morcellements et cadrages, nous immergent dans la feuille, soudain cosmos. Le projet  » Feuille univers  » fait parti d’un travail d’empreintes, à la fois de formes, de textures, de dessins et de matières à partir des feuilles d’arbres. Plusieurs directions explorent autant le dessin, l’installation que la photographie où se mêlent divers paysages, télescopant les échelles, entre le cosmos contenu dans une feuille et la marche devenant constellation. Par les jeux d’échelles, de lumières et l’invention de formes de traces, la recherche arpente la feuille territoire.

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Me Tangere, versus quercus

Me Tangere, Versus Quercus Me Tangere, versus Quercus, colle de peau, fils, punaises, plomb, 2021 installation dans une grange pyramidale au côté d’un chêne, 3,10 x 3,5 x 7 m. Précédent Suivant Grange pyramidale du Joliveau Grange pyramidale du Joliveau, allons voir!, Bourges Contemporain, Cher, 2021. Dossier de presse de l’exposition

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Sculpture-paysage, Horizons

Une manière de regarder la lune Sculpture Paysage, Horizons, 2019, branches ramassées, fils de coton, épingles, bocaux donnés, sel, papier cristal, argiles prélévées, pierres récoltées, cire, réalisée à POLLEN, Monflanquin, photo. D.Delpoux, Tsama do Paço. Précédent Suivant Je travaille avec le paysage, avec son image, mais surtout sa matière et les artéfacts que l’on produit à partir de son espace ou de données informatives, comme les cartes. Je marche et regarde, puis ramasse. Je marche pour vivre et faire vivre des paysages. L’acte de marcher, pas à pas, au fur et à mesure est un déplacement de matières dans l’espace et le temps. Le corps laisse des empreintes, enregistre les atmosphères, collecte et emmène des traces. Lors de mes arpentages, je trouve le sujet et les matériaux: le sol, les pierres, les branches. Je les accepte tels qu’ils sont. Ce sont leurs caractéristiques visuelles et tactiles, physiques, qui donnent les directions. Je relève des détails seulement. J’invente ce qui est déjà présent en en décrivant différentes strates. C’est à la fois entrer dans un milieu par l’acte de marcher et l’explorer physiquement, mais aussi accompagner cette expérience sensible de connaissances scientifiques. Dans l’atelier, les couches de signes, de symboles, d’informations se juxtaposent à la matière. Différents îlots émergent parallèlement et se rencontrent pour former un ensemble. Les profils topographiques, les cartes, autant que les fragments prélevés sont des détails mais aussi , en eux-même, des paysages. L’installation proposée ici est une sculpture-paysage composée de divers éléments et plans successifs. C’est un paysage à plusieurs étages, fait de couches. Il est pluriel et paradoxal, tant par les matériaux utilisés que par les aspects de paysage qu’il contient. Sont assemblées par superpositions et juxtapositions diverses traductions formelles et sensibles de l’expérience de la marche. Chaque partie est liée au tout, chaque hétérogénéité est perçue comme une diversité coexistant avec les autres. Ceci est rendu visible autant par la sculpture de l’espace que par la proposition d’une fluidité des choses par leur changements multiples d’état dans le temps. Avec le temps tout est plastique et devient paysage. Texte d’exposition Le titre de l’exposition est inspiré d’un texte de Zhang Dai ( 1689- 1597 ). ‘’ il y a ceux qui mènent grand train et sont censés regarder la lune, mais en fait (…) ne la voient pas : c’est leur manière de regarder la lune’’. ‘’ il y a celles qui, parlant très fort, coulent des regards à gauche et à droite. La lune est au-dessus de leur tête, mais elles ne la regardent pas : c’est leur manière de regarder la lune’’. ‘’ il y a ceux qui savourent lentement une coupe de vin (…) accompagnés en sourdine par des flûtes et des luths (…). Ils regardent la lune, mais désirent surtout qu’on les regarde la regarder : c’est leur manière de regarder la lune’’. « il y a ceux qui simulent l’ivresse et improvisent des chansons. Ils regardent à la fois la lune, ceux qui la regardent et ceux qui ne la regardent pas, mais en fait il ne regarde rien : c’est leur manière de regarder la lune’’. ‘’ Des coupes en porcelaine blanche circulent silencieusement entre des amis de bonne compagnie assis ensemble au clair de lune (…). Ils regardent la lune, mais comme personne ne les voit la regarder, ils n’ont pas à montrer qu’ils la regardent : c’est leur manière de regarder la lune.’’                                                                                                                                                                                                                                                                   Augustin Berque, Les raisons du paysage de la Chine antique aux environnements de synthèse, Éd.Hazan, 1995, p.77-78. Je vous propose de randonner avec les yeux. 1). Après avoir franchi la porte d’entrée, laisser la rue derrière vous et virer légèrement vers la gauche en, contournant un point de vue sur le sol ( variante 3 bis ), le long d’un mur blanc. Poursuivre jusqu’au point d’observation que vous souhaitez sur l’espace sculpté à votre droite. Attention, sur ce passage un projecteur fait obstacle. Tourner sur vous même dans cette direction. Au premier plan, une ligne de branches fait relief. Puis, quatre lignes, que le regard sépare ou brouille, amplifient la profondeur horizontalement tout en ajoutant un étagement vertical. Une ligne fait horizon, à plusieurs, elles deviennent paysage. La succession de lignes offre au regard différents possibles dans des jeux de « devant-proches » et de « derrières-lointain ». Les branches d’un arbre sont, pour moi, riches de paysages invisibles. L’oeil passe entre les plans, peut intervertir ceux-ci, ou divaguer en engageant le corps également dans des déplacements: plus-haut ou plus-bas, plus à droite ou plus à gauche. Nous sommes pris dans un paradoxe, car si nous semblons être invité à entrer, nous risquons, par cet acte de détruire l’équilibre précaire dans lequel chaque branche se trouve et grâce auquel elle se lie aux autres. La seule présence de l’horizon instaure celle de paradoxe.Cette ligne imaginaire échappe au langage de la logique et s’exprime par des termes opposés: « frontière-ouvrante ». J’aime cette diversité mouvante du paysage et l’infinité de perspectives nouvelles sur le monde offert par la ligne d’horizon. 2). Laisser le regard dépasser les lignes de branches et s’enfoncer jusqu’au mur du fond. Une autre ligne trace un relief au moyen d’épingles et de fil. Il s’agit des dénivelés de profils topographiques correspondants aux marches autour de Monflanquin, Paulhiac, Gavaudun, Lacapelle-Biron, Blanqueforts-sur-Briolance et Sauveterre-la-Lémance. La marche permet de faire l’expérience de la mouvance de l’horizon. C’est le sol, surélevé à la hauteur du regard qui devient horizon. Le sol découpe un contour dans le ciel. Les déplacements de la ligne d’horizon d’un plan à un autre provoqué par la succession de lignes se poursuit par un autre mouvement, temporel cette fois. Si le regard descend jusqu’au sol, en bas des fils, au niveau des bocaux en verre, une contamination blanchâtre propose un paysage supplémentaire. Cet élément blanc est du sel. Il est contenu dans les bocaux pleins d’eau sursaturée. Les fils bleus qui y trempent sont tendus par de petits paquets de déchets. Quelque chose d’invisible se passe en dessous. Cristallisant et grimpant verticalement le long des fils

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Elle s’effondre sans cesse, version épidermique

Elle s’effondre sans cesse, version épidermique Elle s’effondre sans cesse / Version épidermique, 2019, eau, latex, argile, fil de coton, métal, variation des dimensions de l’étalement au sol autour de la structure 100 x 150 x 201 cm, Précédent Suivant Réactivation pour la cave La Clef du Récit, Vinon L’activation de cette pièce a été réalisée dans le cadre de la manifestation allons voir! lors de Bourges Contemporain 2021 et sous le commissariat de Gunther Ludwig. Elle s’effondre sans cesse / Version épidermique La poche membrane comme une peau, un ventre, tendue par l’eau le liquide mère, l’origine qui toujours se réinvente l’eau matrice, l’eau maternelle. Un organe tatoué, comme une carte sur un parchemin, troué, gouttant, s’effondrant une surface traversée par l’eau alimentant la terre l’eau parcourt Goutte un instant suspendue chute, pluie, source surplombant une autre peau, autre carte, territoire nouveau en transformation qui respire d’eau L’argile se dissout, durcit, fracture absorption, dissolution évaporation, craquèlement L’eau disparaît, s’évapore ou se faufile, chemine sa gravité, à la fois vers le ciel et vers le noyau, haut et bas, diffusion et concentration. La terre se fend, le sol craquelle et l’eau toujours s’enfuit. La sculpture est en devenir, son temps de vie dépend de l’eau, un cycle, deux, trois, etc., selon l’apport, selon la pluie.

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Uchronie géologique

Uchronie géologique, les gestes qui sédimentent Uchronie géologique 43°51’46.9’’N 1°30’10.1’’E: mégalithe où méga = petit et litho = fragment, avril 2018, fragments de verre, cire, miroir, 90 x 210 x 35 cm. Précédent Suivant Là où le verre respire Le verre peut se briser, il est la matérialité du fragile. Sa physicalité porte la potentialité de la fracture. Au niveau de la brèche, de la faille, des bords écorchés, à vif, on devine la chute, l’acte de violence. C’est là que j’ai décidé d’oeuvrer, là où le verre respire. Comme le verre, nous sommes fragiles, nous portons les potentialités de la chute et de la fracture. La fragilité est constitutive de l’humain, de la condition humaine. Elle est quotidiennement refoulée mais elle resurgit dans cette attirance pour les ruines. Le dépôt d’or vient orner la chute, la feuille d’or révèle le trait. Le bord, profondeur du contour, épaisseur de l’interstice. Il reçoit aussi la cire chaude, grasse, le fluide chair qui sédimente. Cette matière est un absolu, elle navigue entre les règnes : animal, végétal, minéral. À partir des bords, vers le vide, à l’inframince, peuvent aussi s’inventer des extensions, des prolongations, une croissance, ou encore un dessous, un sous le fragment, tel un iceberg, un arbre, toute surface de la biosphère possédant une profondeur insoupçonnée. Les gestes se font temps, fluide, ils sédimentent. Il y a du géologique dans ce minuscule, dans cet infime, dans cette lente mais infinie répétition. La sculpture est une histoire de couches et de gouttes. Les strates s’accumulent, l’artiste se prête au fluide, cherche la sculpture liquide. Le fragment devient coquillage, fossile, minéral ou même paysage. Cela indépendamment de sa taille, on passe d’une échelle à l’autre, mais il est toujours question de temps et de ce qui se dépose. Le fragment est tout, le détail comme l’ensemble. Le paradoxe du fragment, témoin de la perte d’une totalité mais en même temps parcelle absolue, apparaît encore sur la tranche, là où il y a coupure. La brèche montre le manque. Le verre lui-même est dans sa matérialité paradoxe, sa transparence le dissout dans le tout environnant, qui lui passe à travers. Regarder dessous jusqu’à inverser, mettre le paysage à l’envers et la coulée vers le haut… L’empreinte de la forme dessine d’infinies possibilités de prises de forme. Le lien entre les temps est ainsi fait. Un ensemble d’êtres nouveaux naissent par symétries, translations, rotations du module fragment, de sa forme empreinte. Il peut aussi par sa présence, sa physicalité créer les ondes d’une forme en cristallisation chez les tissus pierre. Chacune de ces unités, issues d’une violence faite à une totalité précédente, devient un tout, l’outil, l’atome d’un monde nouveau. Le fragment devient un motif, une particule élémentaire, en plus d’être un pont, point de suture entre passé et futur.

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Tissus fossiles

Les gestes qui sédimentent, Tissus fossiles Tissus fossiles, avril 2018, fragments de verre, tissus, série d’éléments de dimensions variables. Précédent Suivant Résidence de recherche à Villemur sur Tarn Ce projet a été commencé lors d’une résidence à Villemur sur Tarn en 2018 en lien avec le contexte. Il fait partie d’une recherche à propos des gestes qui sédimentent. Les gestes qui sédimentent Les gestes qui sédimentent La plasticité du monde est un terrain de jeux pour la création. Prélève des processus d’apparition de formes à ré-inventer dans l’atelier, explore la beauté des cartes, cherche la poétique du temps géologique, empreinte les matières du monde… Quel est le devenir-paysage de la matière transformée par la nature humaine? Comment faire œuvre que ce soit en sculpture ou en dessin, par des gestes qui sédimentent, par le devenir volume de la surface? Autrement dit, comment sculpter et dessiner par strates, par sédimentation, par accumulation d’un infime phénomène dans le temps? Comment cet infime, ce presque non visible devient un principe modelant? La sédimentation m’intéresse car la forme change de genèse. Elle émerge des interactions de couches, à la fois au niveau de la matière même de la forme qu’à celui de l’ensemble des éléments convoqués pour la naissance d’une oeuvre. L’accumulation de surfaces devient profondeur ou croissance. La sculpture devient une histoire de couches et de gouttes. L’artiste se prête au fluide. Et cette fluidité fait paysage. La superposition s’étend à différents niveaux. Puisque nous questionnons le réel par différents angles et disciplines, la matière investit diverses représentations. Elle se juxtapose à des couches de savoirs, de signes dont les symboles, d’informations à la fois scientifiques et poétiques. Cet ensemble d’hétérogénéités liées se déployant dans différentes directions selon des principes de croissance et de contamination, fait apparaître un archipel, une cartographie spatialement et temporellement. Les superpositions, enchevêtrements et télescopages génèrent des complexes, dont la poétique doit nous faire partager le mystère du réel. Je les nomme sculpture-paysage. La sculpture y est un cadre temporel où a lieu une sédimentation. Étant imprégnée par les notions de fluidité et d’immersion, il s’agit aussi de tenter d’être eau, d’être temps; d’être une force agissante transformant la matière en éléments pouvant former un paysage, d’être Nature et d’en inventer se faisant des formes ontologiques. Quel sublime se cache dans l’ère de l’Anthropocène? Qu’est-ce ce moment de l’histoire de la Terre auquel l’humain devient force géologique et marque de son activité consommatrice les couches géologiques profondes? Effet collatéral de l’ empreinte à laquelle s’ajoute l’accumulation de déchets en un paysage artificiel envahissant, se substituant au Naturel? Je choisi de faire l’hypothèse d’un humain symbiotique comme autre alternative à un Univers sans l’homme. L ’artiste tente alors une approche inspirée d’autres cultures, du génie naturel et invente d’ autres rapports au monde. Il tente une expérience poétique; celle du temps géologique par des gestes qui sédimentent.  Comme chaque espèce, débattre à nouveau le contrat du monde et devenir. Voir la vidéo à propos de la résidence

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Dessins d’eau

Dessins d’eau, la peau de l’eau Dessin d’eau, Vingt-et-unième jour / Sixième jour / Huitième jour / Quatorzième jour, avril 2018, eau, encre sur papier, 36 x 51 cm et vue d’exposition en lien avec une projection vidéo.   Résidence de recherche à l’Atelier Blanc de Villefranche de Rouergue Les icônes, série n°1 à 8, eau, encre et or sur papier, 8 dessins de 20 x 28 cm. Projet Projet sur l’idée de pureté de l’eau L’ eau pure n’existe pas à l’état naturel. Le liquide devient alors une espèce chimique artificielle de laboratoire confiné ne contenant rien d’autre que sa molécule H2O. La substance primordiale dénudée demeure pourtant multiple, double. Le solvant isolé a la liaison hydrogène ceinturée.La pureté de l’eau prend un premier sens lié au sacré dans cette impossibilité où le spirituel bâti une quête. De nombreuses eaux se succèdent ensuite du propre au potable. Les eaux purifiées ou les eaux purifiantes sont en réalité des eaux contaminées, des eaux souillées, des mélanges. La pureté est la dissolution.Un deuxième sens, lorsque l’on associe l’eau à la pureté, élève l’eau à l’état de substance sacrée puisque rare et précieuse autant qu’indispensable. C’est l’eau qui purifie, c’est-à-dire lave, nettoie, rince. Elle purifie… autrement formulé; elle dissout et emporte ailleurs. L’accueil infini de l’eau est sacré. Mais c’est en souillant l’eau que la pureté se fait. Naissent les eaux impures, colorées, odorantes, visqueuses, chargées de composés, de contaminants, de polluants. Entre pure et impure il y a un déplacement d’eau, un voyage. Ces eaux rêvent des paysages dont elles sont la géologie.Qu’elles sont les formes et les textures de ces fluides? Qu’est-ce que l’eau fait à la forme? À la matière? Quelles traces recueille – t – on? Ces eaux génèrent des formes, elles dessinent et elles sculptent au cours d’étranges rituels de purification. Il n’est pas exclusivement question d’ un enregistrement de la substance, mais d’ une tentative de symbiose. C’est l’eau dont nous sommes fait qui dessine et sculpte. La matière liquide, elle-même, porte la notion de fluidité. Elle, qui s’imprègne constamment de tant, de tout, sans jamais oublier son être eau. Universelle par son constant refus de pureté. J’évoquerais les eaux plutôt que l’eau au singulier. Il me semble qu’elle n’existe qu’au pluriel. Les éléments multiples s ‘abandonnent à elle, pour être portés puis déposés en forme quelque part en de nouvelles configurations. L’eau génère les formes. Elle même, informe, peut les prendre toutes. Et dans son adhérence aux surfaces, elle peut les montrer toutes. La substance informe par gonflement, goutte ou structure autant par sa présence effective que par les dépôts de son passage. Car l’eau liquide partout disparaît, elle gonfle et s’évapore. Dans cette métamorphose, dernière auto-purification, le changement de phase libère la molécule. Les flots laissent des restes dans un ultime geste de beauté. Les ornements fossiles de son passage sont presque les témoins d’un sacrifice: le refroidissement offert par l’évaporation… Jusqu’au prochain nuage. Mon exploration aqueuse est constituée de gestes essentiels et fragiles. Ils se parent en même temps d’une dimension poétique et symbolique, empruntant à différents temps. De cet anachronisme réuni naît, entre image brute et figuration, un autre dire de l’eau, une compréhension subjective, intime et poétique du monde. L’eau accentue de plus la dimension temporelle de l’oeuvre. Elle fait entrer d’autres temps, un temps minéral, celui de la vie de l’eau dont le voyage géologique lui a apporté sa composition; un temps physique, terrestre, de la vie de la terre et de son climat affectant les états de l’eau et un temps cyclique lié à sa participation aux vivants. L’oeuvre s’inscrit dans un temps géologique, fait avec la sédimentation.C’est par là que je cherche les formes de la fluidité, d’un être artiste fluide. L’eau est mon aide, par la présence poétique de sa matière et par son expérimentation sensible. Elle est une collaboratrice, une énergie vitale, communiant avec l’eau des choses et des êtres. C’est l’eau pour elle-même… Tsama do Paço Peaux d’eau Ici, l’encre donne à voir la peau de l’eau, de son mouvement, de sa réponse à un impact. Une peau de l’eau comme pour faire parler la substance. Petite pratique divinatoire allant dans le fluide chercher de nouvelles légendes. Les mers sont des icônes d’une origine qui chaque fois se réinvente. L’impact de la goutte d’encre, la diffusion et la disparition de l’eau devient histoire grâce à l’encre. L’impact est un choc qui pénètre, une rencontre qui met en mouvement, fait onduler, montre le fluide. Fluidité, là où tout vient au contact de tout, tout en gardant sa propre substance, l’espace aqueux est un accueil. L’impact provoque la perturbation de l’équilibre, du statu quo, dans lequel la flaque se trouve, de l’équilibre des forces. La diffusion ondule, modèle la tranquillité de la flaque. Il se passe ensuite des choses liées au substrat qui est traversé, qui reçoit, vit l’expérience de l’eau et du dépôt, ainsi qu’au temps. Il est toujours question de temps et de ce qui se dépose. Restera la pellicule, la surface, la peau de l’eau. Encore une fois la disparition fait ici trace, et reste une mue de la substantiation, moins évidente est celle de l’impact, absorbé par l’informe, adouci par son ondulation.

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Écocide en aquarium

Écocide en aquarium Écocide en aquarium à l’Acétate de Cuivre, 2019, hêtre, aquarium, cire, acétate de cuivre, Aquarium de diamètre 30 cm posé sur un tronc de hauteur 134 cm,                     Atelier Blanc, Villefranche-de-Rouergue.   Précédent Suivant Résidence de recherche à l’Atelier Blanc Écocide en aquarium à l’Acétate de Cuivre, 2019, hêtre, aquarium, cire, acétate de cuivre, aquarium de diamètre 30 cm posé sur un tronc de hauteur 134 cm, Atelier Blanc, Villefranche-de-Rouergue. Les légendes de l’exposition Projet sur l’idée de pureté de l’eau L’ eau pure n’existe pas à l’état naturel. Le liquide devient alors une espèce chimique artificielle de laboratoire confiné ne contenant rien d’autre que sa molécule H2O. La substance primordiale dénudée demeure pourtant multiple, double. Le solvant isolé a la liaison hydrogène ceinturée. La pureté de l’eau prend un premier sens lié au sacré dans cette impossibilité où le spirituel bâti une quête. De nombreuses eaux se succèdent ensuite du propre au potable. Les eaux purifiées ou les eaux purifiantes sont en réalité des eaux contaminées, des eaux souillées, des mélanges. La pureté est la dissolution. Un deuxième sens, lorsque l’on associe l’eau à la pureté, élève l’eau à l’état de substance sacrée puisque rare et précieuse autant qu’indispensable. C’est l’eau qui purifie, c’est-à-dire lave, nettoie, rince. Elle purifie… autrement formulé; elle dissout et emporte ailleurs. L’accueil infini de l’eau est sacré. Mais c’est en souillant l’eau que la pureté se fait. Naissent les eaux impures, colorées, odorantes, visqueuses, chargées de composés, de contaminants, de polluants. Entre pure et impure il y a un déplacement d’eau, un voyage. Ces eaux rêvent des paysages dont elles sont la géologie. Qu’elles sont les formes et les textures de ces fluides? Qu’est-ce que l’eau fait à la forme? À la matière? Quelles traces recueille – t – on? Ces eaux génèrent des formes, elles dessinent et elles sculptent au cours d’étranges rituels de purification. Il n’est pas exclusivement question d’ un enregistrement de la substance, mais d’ une tentative de symbiose. C’est l’eau dont nous sommes fait qui dessine et sculpte. La matière liquide, elle-même, porte la notion de fluidité. Elle, qui s’imprègne constamment de tant, de tout, sans jamais oublier son être eau. Universelle par son constant refus de pureté. J’évoquerais les eaux plutôt que l’eau au singulier. Il me semble qu’elle n’existe qu’au pluriel. Les éléments multiples s ‘abandonnent à elle, pour être portés puis déposés en forme quelque part en de nouvelles configurations. L’eau génère les formes. Elle même, informe, peut les prendre toutes. Et dans son adhérence aux surfaces, elle peut les montrer toutes. La substance informe par gonflement, goutte ou structure autant par sa présence effective que par les dépôts de son passage. Car l’eau liquide partout disparaît, elle gonfle et s’évapore. Dans cette métamorphose, dernière auto-purification, le changement de phase libère la molécule. Les flots laissent des restes dans un ultime geste de beauté. Les ornements fossiles de son passage sont presque les témoins d’un sacrifice: le refroidissement offert par l’évaporation… Jusqu’au prochain nuage. Mon exploration aqueuse est constituée de gestes essentiels et fragiles. Ils se parent en même temps d’une dimension poétique et symbolique, empruntant à différents temps. De cet anachronisme réuni naît, entre image brute et figuration, un autre dire de l’eau, une compréhension subjective, intime et poétique du monde. L’eau accentue de plus la dimension temporelle de l’oeuvre. Elle fait entrer d’autres temps, un temps minéral, celui de la vie de l’eau dont le voyage géologique lui a apporté sa composition; un temps physique, terrestre, de la vie de la terre et de son climat affectant les états de l’eau et un temps cyclique lié à sa participation aux vivants. L’oeuvre s’inscrit dans un temps géologique, fait avec la sédimentation. C’est par là que je cherche les formes de la fluidité, d’un être artiste fluide. L’eau est mon aide, par la présence poétique de sa matière et par son expérimentation sensible. Elle est une collaboratrice, une énergie vitale, communiant avec l’eau des choses et des êtres. C’est l’eau pour elle-même… Tsama do Paço

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Je momifie, tu momifies, il …

Je momifie, tu momifies, il … Je momifie, tu momifies, il… , janvier 2015, anciens vêtements, 166,5 x 35 x 23 cm. Précédent Suivant Basse couture Basse couture, 2015, fragments de vieux tissus, boutons, cintre, Taille S. Les chausettes À Vif, Et si Achille , Chausettes Paon À vif, 2015, chaussette, perles rocaille, 69 x 40 x 11 cm. Et si Achille…, 2015, chaussette, aluminium, épingles, 58 x 40 x 11 cm. Voir le catalogue d’exposition       Catalogue Résistance (s) Tsama do Paço – Le monde en héritage Ce qui saisit avant toute chose dans la démarche artistique de Tsama do Paço, c’est la dimension poétique de ses œuvres en dépit d’une apparente économie de moyens. L’artiste travaille le fil, la terre, le verre, le papier, les perles, des matériaux du quotidien qui ont souvent déjà eu une première vie et en sont imprégnés physiquement ou symboliquement. Elle les associe, les transforme, crée de nouvelles formes afin d’obtenir des œuvres polysémiques empreintes parfois de réappropriations identitaires. La profondeur de l’œuvre de Tsama do Paço réside dans sa capacité à s’affranchir des normes et à réinventer le monde qui nous entoure. Son travail ne cesse de bouleverser les conventions du sensible et questionne le consumérisme dysfonctionnel qui règne dans les sociétés occidentales. Son univers est rempli d’objets et d’éléments divers qui résonnent entre eux, se répondent ou se télescopent. Elle parvient à nous interpeller en recristallisant des formes ou des objets préexistants. Pour cela, elle saisit, collecte ou transcrit des gestes, des affects, des savoirs, des mémoires, c’est-à-dire les éléments constitutifs d’un rapport au monde. Les contours de son travail sont flous et s’apparentent parfois à une forme de recyclage, d’autres fois à des recherches scientifiques ou encore sociologiques. Le tout s’inscrivant dans une esthétique de la faiblesse qui remet en cause la définition même de ce concept. Ce parti pris artistique propose un nouveau rapport au jugement, à la hiérarchie établie et invite notamment à reconsidérer l’opposition traditionnelle entre faible et fort. En effet, la faiblesse est habituellement ce qui manque de vigueur, de force; quelque chose de fragile ou qui présente une imperfection, une tare, une défaillance1. Tsama do Paço prend le contrepied de cette définition. Ses œuvres invitent à la contemplation de l’imperfection, et la faiblesse ou la maladresse deviennent des revendications face à la hiérarchisation. L’artiste considère que l’obstination des gestes faibles peut tendre vers le sublime. Il s’agit surtout pour elle d’une esthétique par défaut qui résulte de la rencontre entre divers matériaux. Elle s’accompagne d’une forte dimension poétique puisque Tsama do Paço perçoit la beauté dans les brèches et pense que « la mollesse, les aspérités, l’informe, le mal fait, l’exubérance des couleurs et des matières enrichissent le visible poli par la standardisation et la compétitivité ». Son langage plastique modeste est pourtant d’une grande sensibilité. Ses œuvres oscillent entre histoire personnelle et histoire universelle. Cela se révèle par exemple dans sa série Dessins de plis, réalisée en carbone sur papier de riz, qui revisite la notion de palimpseste. En effet, sur l’origami formé avec le papier, l’artiste dispose une image d’actualité qu’elle hachure, redéfinissant ainsi cette image issue de la mémoire collective. Le moment du dessin est pour elle un temps de silence, un temps de prière. Une fois déplié, l’origami laisse apparaître les plis et tracés qui le composaient, formant alors une cartographie d’un état du monde. Attrape Nuages, quant à elle, est une œuvre hybride ; à mi-chemin entre le dessin et l’installation. Réalisée à partir de scotch et de pigments disposés sur une fenêtre, elle joue sur la décomposition, l’abstraction et la transparence rendant ainsi les motifs difficilement perceptibles. Dans sa grammaire plastique, l’artiste ne se cantonne pas à une seule pratique, elle expérimente et laisse l’intuition régir l’action afin d’aborder la question de la légitimité et de faire contrepoids à cette société « virtuellement enchantée » dans laquelle nous évoluons. À la croisée des fils, des vêtements usés, des cartes et des différents types de terres, l’artiste réinvente sa vie et réalise des œuvres à sa mesure, avec une autonomie de gestes, les laissant déborder, perturber, rompre, réagir, interroger l’existant et le rendre à nouveau sensible. Selon elle, la réparation ou sublimation d’un objet usé par le biais de geste et de savoir-faire intuitifs ou maladroits « produit des objets magiques faisant intrusion dans le réel pour en bousculer les dogmes et transformer les comportements ». L’installation rassemblant Et si Achille et À vif, en est sans doute l’exemple le plus prégnant. Composée de chaussettes usagées, sublimées par l’artiste et suspendues à un cintre, cette œuvre est surprenante à bien des égards. En effet, le trou de la chaussette est laissé là, béant, tandis que le reste de cet objet, qui fut jadis un utilitaire, est recouvert d’aluminium ou de perles de rocaille. La chaussette sort alors de la banalité de la vie pour devenir matière à œuvre. Magnifiée et perdant son usage premier, la chaussette devient à la fois le support et le sujet de la réflexion. Dans sa pratique, l’art apparaît comme une mise en place d’un dispositif d’existence et l’on perçoit en filigrane la volonté de s’ouvrir au monde, de penser un nouvel « art de vivre » à l’instar des « Principes d’Économie Poétique » que préconisait le plasticien et théoricien Robert Filliou en opposition aux valeurs capitalistes : « À présent, écrit-il, il devient nécessaire d’incorporer la leçon de l’art en tant que liberté de l’esprit dans la vie quotidienne de chacun, afin que celle-ci devienne un art de vivre »2. Les principes d’équivalence et de création permanente sont également présents. En effet, le travail de Tsama do Paço échappe à la spécialisation. La perméabilité et la maladresse inhérentes à certaines œuvres interrogent notre jugement et reviennent sur la notion d’acceptation. À l’encontre du monde véloce dans lequel nous vivons, Tsama do Paço veut prendre - voire parfois perdre - le temps et essayer, tâtonner, laisser faire. Ses œuvres résistent et s’érigent face à cette société basée sur la vitesse et

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Dessins de plis

Dessins de plis Paon de Paris /13 novembre 2015, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 149 x 149 cm. Précédent Suivant Vase pour le Tsunami, 2013, carbone sur papier mûrier coréen, 65 x 65 cm. Libellule des migrants, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 65 x 65 cm. Papillon Iceberg I, 2014, carbone sur papier mûrier coréen, 65 x 65 cm. Rhinocéros Girafe en extinction, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 75 x 75 cm. Kusudama à la Mer d’Aral, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 75 x 75 cm. Papillon Iceberg II, 2014, carbonne sur papier coréen, 75 x 75 cm. Cigale à Maidan, 2015, carbone sur papier mûrier coréen, 75 x 75 cm. Vitraux Pauvres Libellule Iceberg, Vallée Hooker/Iceberg A, 2017, couverture de survie, 140 x 140 cm. Barques à Vintimille, 2015, couverture de survie, 140 x 140 cm. Les dessins de plis ouvrent dans la feuille différents espaces. Au-delà de la surface se trouvent des couches cachées. Une feuille d’origami s’est faite réceptacle de mémoire, par un long processus d’écriture, de gravure, par la hachure d’images de notre monde. Les plis du papier dispersent l’image, la fragmentent, rendant certains détails plus visibles que d’autres, traçant une carte de mémoire. Les traits travaillent dans la matière de l’image, tentant de lui (re)-donner une physicalité et par là même dépècent la figure. Cette patiente et obstinée dissection crée de nouveaux motifs, absorbants dans l’ornement la Guerre des images. Cette cartographie d’un état du monde dépend à la fois de l’origami choisi et de l’événement concerné, deux indications données par le titre du dessin mêlant en une synthèse-chimère le type de pliage et le sujet de l’image utilisés. Les associations symboliques constituent une sorte de prière, une espérance, proposition pour répondre à l’empathie déclenchée par l’information, tout en disant un peu plus.

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Totems au Temps

Totems au temps Totems au temps, 2009, toile de lin, dimensions variables, exposition personnelle en galerie gauche des Beaux-Arts de Paris pour le diplôme de troisième année. Précédent Suivant Prédicat des Totems au temps Prédicat des Totems au temps, 2009, huile en barre sur papier, 10 x 2 m, exposé au Manoir de Soisay, Normandie. Les colonnes verticales, disposées dans l’horizontalité de l’espace veulent l’englober et contenir son vide. De longues heures à plier, contre l’angoisse jusqu’à atteindre une tranquillité. Retrouver la longueur du temps, s’arrêter, recommencer, encore, encore, encore, encore, encore, encore, même si le geste change. Le geste qui transcende par sa constante exigence d’éveil des sens, par sa répétition glissante, est mon moyen de cheminer vers un état d’inconscience éveillée, sensible aux souffles de l’univers. S’effacer pour devenir force du cosmos. Ne plus être que les mains du faire, organe sensoriel du temps, Et enregistrer le temps biologique dont l’écoulement devient forme. De la vitesse humaine dans l’espace devient espace. Qu’à chaque parcelle de matière travaillée corresponde une histoire, une expérience physique et spirituelle. Ce sont mes totems au temps, Ce sont mes trophées sur mon angoisse. Trophées du temps de la terre, elles aspirent à devenir végétales, minérales, animales.

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Electroencéphalogramme

Rêve chez les matelassiers Electroencéphalogramme, 2014, draps, nappé de laine, perles, fils, 150 x 180 x 190 cm, Moulin des Arts de Saint-Rémy. Précédent Suivant Autres Nuages-Sommeil Cette recherche, issue d’une résidence de création d’un mois ( Prix de la Jeune Création ), a été exposée au Moulin des Arts de Saint Rémy dans l’Aveyron. Le nappé de laine fabriqué de façon traditionnelle par des matelassiers locaux a inspiré la recherche de formes et a tissé le lien au sommeil. Extrait de texte d’exposition La matière nappée de laine et l’univers onirique, autre pendant du matelas, a instauré un parallèle avec le nuage. Symbole de liberté, occupant le ciel vers lequel le regard s’élève, le nuage est aussi sujet à la contemplation, à l’évasion, au rêve. Il s’accroche ici au fil barbelé, à la vie quotidienne (draps, taie) ou au savoir scientifique et part ses points de fixation qui le déploient dans l’espace, il détourne l’enfermement de la clôture, l’étroitesse des certitudes ou la banalité de la vie. Les gestes capables d’une telle sublimation sont ceux fragiles, lents et imparfaits du fait main. Ils sont une force sourde. Les matériaux de cette métamorphose eux-mêmes véhiculent l’ambiguïté des forces et faiblesses d’un même élément, le fil qui nous retient, que l’on suit ou celui de la vie, la perle faite du rejet de l’huitre, la laine fragile qui protège. Presque toujours mous et profondément chargés d’une histoire humaine, ils reçoivent l’acte presque sans outils, permettant le toucher sensible, et parfois, l’éveil d’une mémoire ancestrale, enfouie dans l’intelligence du corps.

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